Plan du cours

prÉsentation

Y a-t-il une société sans crime, ou un crime sans société ? Qu'est-ce qu'un crime ? Pourquoi réagissons-nous au crime, et comment choisissons-nous les formes de notre réaction ? Comment reconnaissons-nous une conduite comme criminelle ? Voilà quelques-unes des questions fondamentales auxquelles ce cours tentera de répondre.
     L'objectif principal de ce cours est d'initier les étudiants à la pensée sociologique en général, et en particulier en ce qui a trait au crime, à la criminalité, aux criminels et à la réponse au crime. Les objectifs secondaires sont de (i) permettre une compréhension de base des principaux paradigmes sociologiques en criminologie; (ii) encourager l'application des théories explicatives à des problèmes courants; (iii) souligner les recoupements et les différences entre les perspectives théoriques.
     Pour ce faire le cours utilise deux méthodes reliées; d'une part, la description de la provenance, du contexte et de la nature de théories spécifiques ou de groupes de théories comparables, et d'autre part l'application de diverses théories à des questions d'ordre criminologique comme par exemple le crime organisé, le terrorisme et le fonctionnement de la police. Les cours sont organisés en quatre « blocs » centrés sur une problématique théorique fondamentale.
     Les lectures sont relativement peu nombreuses mais demandent toute votre attention. Une simple lecture en surface ne suffira pas à réussir ce cours et c’est pourquoi la quantité de textes a été maintenue à un minimum. Tous les textes énumérés ci-dessous sont obligatoires, incluant ceux qui sont en anglais (pour vous aider, les textes en anglais seront résumés dans les cours) et, pour favoriser votre compréhension, devraient de préférence avoir été lus avant le cours.
     
Vous devrez vous procurer le livre, La sociocriminologie, écrit par votre humble serviteur (Presses de l’Université de Montréal, 2007) et un recueil de textes. Le premier est disponible chez Olivieri (5219 Côte des Neiges) et le second à la librairie du 3200 Jean-Brillant. Plusieurs autres textes doivent être récupérés sur la toile mondiale et leur adresse vous est donnée plus bas ainsi que sur la page des liens.

     Ci-dessous vous trouverez l'intégrale des notes du cours (exception faite des diapositives présentées), de même qu'un nombre de « podflash », courts exposés en format mp3 sur des sujets plus complexes ou plus importants (téléchargez et écoutez avec votre balladeur mp3 ou sur votre ordinateur avec un logiciel comme Mediaplayer, Winamp, Itunes, etc.)

Pour écouter les(MP3) : cliquez dessus ou cliquez à droite et sélectionnez, «télécharger le lien» ou «enregistrez le lien» «save target as», etc.

 

 
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Bloc 1 : Expliquer le social par le social
 

Cours 1 (8 septembre) : crime, déviance et société
Présentation du cours. Le crime et la criminalité. La notion de loi et la notion de règle. Qu'est-ce qu'une théorie? Le général et l'exceptionnel. Le libre arbitre: qu'est-ce que la volonté en sciences sociales? Comment différencier le normatif de l'empirique. La microsociologie et la macrosociologie.
—À lire : Sociocriminologie, introduction et chapitre 1 (7-46).
—Suggérée :
Laurent Mucchielli (1999), « La déviance : normes, transgression et stigmatisation », Sciences Humaines, (99), 20-25.
: En quoi consiste et comment réaliser le travail de session

   
Cours 2 (15 septembre) : consensus et conformité
Comment définir le concept de « société ». La notion de « consensus » dans notre conception du social. Le rôle des médias d'information. Les premières théories du consensus : de l'époque des Lumières à Émile Durkheim. Le contrôle social et les liens sociaux comme principes de base de la société. Robert Merton et l'anomie.
—À lire : 1) John Hagan et Bill McCarthy (1998), « La théorie du capital social et le renouveau du paradigme des tensions et des opportunités en criminologie sociologique », Sociologie et sociétés, 30 (1).
2) À lire : Sociocriminologie, chapitre 2 (49-78).
: La théorie de la tension
   

Cours 3 (22 septembre) : comment reconnaît-on un crime ?
La notion de « noyau dur » du crime. Durkheim et la « fonction » du crime et de la déviance dans la société. Les crimes du Moyen-Âge : la sorcellerie et le blasphème.
—À lire :
1) Philippe Robert (2001), « Le citoyen, le crime et l'État » Sociologie et sociétés, 33 (1).
2) Émile Durkheim (1895), « Règles relatives à la distinction du normal et du pathologique », Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF, 1968, 37-50.

: Le crime selon Durkheim

   
  Cours 4 (29 septembre) : le conflit
Théories d'inspiration marxienne courantes. À qui sert le crime? La notion de conflit. Qu'est-ce qu'un crime dans une société conflictuelle? Les « techniques de neutralisation ». La société fragmentée : le choc des cultures, les classes, la race, l'ethnie, le genre et les autres différences.
—À lire : Sociocriminologie, chapitre 3 (95-120).
—Suggérée : Dario Melossi (2001), « Le crime de la modernité, sanctions, crime et migration en Italie (1863-1997) », Sociologie et sociétés, 33(1).
: différence entre sociologie du consensus et sociologie du conflit
 
 
Bloc 2 : Expliquer le social par l'individuel

Cours 5 (6 octobre) : l'individualisme méthodologique
L'acteur comme moteur du social. L'action selon Weber. Les rationalités humaines.

FILM : Obedience, de Stanley Milgram (University Park, Pennsylvania State University, 1965).

EXAMEN NO. 1 (matière : cours 1, 2, 3 et 4)

   

Cours 6 (27 octobre) : l'École de Chicago et l'interaction sociale
La perception comme réalité : le subjectivisme. Négociation et interprétation du social. L'étiquetage et l'interactionnisme symbolique. L'apprentissage social.
—Àlire :
1) Stanley Cohen (2002), « On the Beaches: The Warning and the Impact », Folk Devils and Moral Panics: The Creation of the Mods and Rockers, New York, Routledge, 120-148.
2) Sociocriminologie, chapitre 4 (121-138).
—Suggérée : Howard Becker (1973), « Comment on devient fumeur de marijuana », Outsiders, Paris, Métailié, 1985, 64-89.

: découverte d'un nouveau paradigme

 
Cours 7 (3 novembre) : l'ethnométhodologie
Structure v. action. La production d'un monde ordonné comme un accomplissement pratique. Le crime comme quête de sens. Le langage et la communication comme objets sociologiques. La formation de la subjectivité individuelle.
—À lire : « L'interactionnisme et l'ethnométhodologie ».
: l'ethnométhodologie, ça sert à quoi ?
 
 
Bloc 3 : culture et action

Cours 8 (3 novembre) : la culture et l'action symbolique
Le langage et la communication comme objets sociologiques. La formation de la subjectivité individuelle. Le crime comme quête de sens.
—À lire : Clifford Shearing et Richard Ericson (1991), « Culture as Figurative Action », British Journal of Sociology, 42 (4), 481-506.

 

Cours 9 (10 novembre) : le « discours » et le constructivisme
L'archéologie du savoir. Qu'est-ce que gouverner? L'invention de la prison.
—À lire :
1) Michel Foucault (1975), « Illégalismes et délinquance », Surveiller et Punir, Paris, Gallimard, 299-342.
2) Jonathan Simon (2007), « Safe Schools : Reforming Education Through Crime », Governing Through Crime: How the War on Crime Transformed American Democracy and Created a Culture of Fear, Oxford, Oxford University Press, 207-231.

EXAMEN NO. 2 (matière : cours 5, 6, 7 et 8)

 
Cours 10 (17 novembre) : le crime comme « problème social »
Qui définit les problèmes sociaux, et qui définit leurs solutions. L'État providence et le néo-libéralisme dans le crime et son contrôle. Les «guerres» contre le crime. Les paniques morales.
—À lire : Sociocriminologie, chapitre 5 (139-178)
 
24 novembre : film, Saisir les Friedman d'Andrew Jarecki (2003).
Le travail de semestre porte sur ce film.
 
 
Bloc 4 : crime et rÉaction
Cour suprême du CanadaCours 11 (1 décembre) : le renvoi au système pénal
Le « chiffre noir » de la criminalité et l'« entonnoir » pénal. Les différentes formes de contrôle social. Comment décide-t-on d'appeler la police? La police comme organisation réactive. La surveillance et les populations sous surveillance.
—À lire : David Garland (2001), « Social Change and Social Order in Late Modernity », The Culture of Control, Chicago, University of Chicago Press, 75-102.
—Suggérée : Sociocriminologie, chapitre 6 (179-215).

Cours 12 (8 décembre) : la sociologie du droit
Les processus de criminalisation et de décriminalisation : marijuana, homosexualité, alcool au volant et agression sexuelle. Les groupes de pression. La discrétion policière.
—À lire :
1) Donald Black (1989), « The Desocialization of Law », Sociological Justice, Oxford, Oxford University Press, 57-72.
2) Jacqueline Tombs and Elizabeth Jagger (2006), « Denying Responsibility : Sentencers’ Accounts of Their Decisions to Imprison », British Journal of Criminology, 46 (5), 803-821.

—Remise du travail

—Examen final : le 15 décembre, de 13h00 à 15h00 (matière : cours 9, 10, 11 et 12)